12 février 2020

L’abus de droit en droit fiscal anglais : la prevention et la recherche du renseignement ( the UK BOFIP du 4.02.20)

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Notre ami Benjamin Briguaud  de Londres nous avait préparé une synthèse de présentation du nouveau système  britannique sur l’abus de droit que nous mettons à jour 

Le droit fiscal anglais a longtemps été caractérisé, en matière de lutte contre l'abus de droit, par des dispositifs anti-abus visant des situations spécifiques plutôt que par une approche dogmatique. S'attaquant à l'exploitation des failles de la loi, les pouvoirs publics britanniques ont légiféré afin de lutter contre les schémas fiscalement abusifs au fur et à mesure de leur découverte. 

L'administration fiscale anglaise a publié le  4 février 2020 un rapport retraçant les récents et foisonnants développements de la notion d'abus de droit au Royaume-Uni.

Tax avoidance: a General Anti-Abuse Rule  

Tax avoidance: general anti-abuse rule guidance - latest version

GAAR guidance with effect from 28 March 2018:

The General Anti-Abuse Rule

What tax avoidance is

How to identify tax avoidance schemes

If you enter into a tax avoidance scheme

If you think you might be in a scheme

 

UNE POLITIQUE DE PREVENTIION ?

Dealing with HMRC   for Tax avoidance

Exemples de schémas d’abus de droit fiscal

Tax avoidance schemes currently in the spotlight

Tax avoidance schemes currently in the spotlight (  1 to 19)

Even if a scheme is not mentioned, it will still be challenged by HMRC.

 

UNE POLITIQUE DE RECHERCHE DU RENSEIGNEMENT FISCAL

Une politique de dénonciation des schémas abusifs

Report tax avoidance schemes

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La réponse à ces nouvelles législations a souvent été la création de nouveaux schémas visant à contourner la loi, lesquels ont, à leur tour, fait l'objet d'une nouvelle action législative : un bras de fer entre, d'un côté, l'administration fiscale, et, d'un autre côté, les contribuables assistés de leurs conseils juridiques. 

Au cours des vingt dernières années, de nombreux auteurs ont suggéré l'introduction d'un dispositif légal afin de faire obstacle, de manière générale, à l'abus de droit fiscal : en apportant de la sécurité à la fois pour les contribuables et pour l'administration fiscale, une "règle générale anti-abus" (General anti-abuse rule - GAAR) pourrait dissuader les efforts les plus extrêmes pour éviter l'impôt, encourager les contribuables et les conseils fiscaux à rediriger leurs énergies vers des activités davantage productives et permettre aux autorités de simplifier la loi sans que celle-ci soit systématiquement détournée. 

A la fin des annés 1990, le Gouvernement du Royaume-Uni a décidé de ne pas introduire une règle générale anti-abus en droit fiscal anglais. En 2003, l'importance de l'évasion fiscale a conduit le Gouvernement a reconsidéré l'opportunité d'introduire une telle règle. Il a toutefois finalement annoncé un "disclosure regime", en vertu duquel les schémas fiscalement abusifs devaient être déclarés à l'administration fiscale. 

En 2010, la question d'introduire un équivalent de notre abus de droit est réapparue et, en novembre 2011, un rapport, rendu par un groupe d'études dirigé par Graham AARONSON (Queen's Counsel), a été publié à ce sujet. En décembre 2012, à la suite d'une consultation, le Gouvernement anglais annonça l'introduction d'une règle générale anti-abus en droit fiscal anglais. Des dispositions spécifiques ont ainsi été introduites dans le projet de loi de finances pour 2013 et la nouvelle règle générale est entrée en vigueur le 17 juillet 2013. puis modifiée depuisangements

USA l'abus de droit vu par l'IRS .d'abord la prévention ,puis la recherche du renseignement fiscal

MISA JOUR 

 

IRS.jpgLe Fisc américain a mis en place une  FORTE stratégie  pour combattre les transactions  et les abris fiscaux abusifs

 

Cette stratégie inclut des conseils sur des transactions abusives, une  réglementation pour lutter contre les  abris fiscaux non légaux ,une  ligne téléphonique  ouverte 24 heures pour des contribuables pour annoncer (disclose ) des transactions techniques abusives et des actions  en responsabilité contre des promoteurs d'abri fiscaux abusifs et leurs investisseurs.

 

LE SITE DE L'IRS  SUR L'ABUS DE DROIT

 

Les tribunes EFI sur l’IRS   

 

D’ABORD LA PREVENTION

IRS Wants You to Know About Schemes, Scams and Cons

If it sounds too good to be true, it probably is!" Seek professional advice from the IRS or a tax professional before you subscribe to any scheme that offers exemption from your obligation as a United States Citizen to pay taxes. Buying into a tax evasion scheme can be very costly.

Pour aider le public à reconnaître et à éviter les stratagèmes fiscaux abusifs , l'IRS offre une abondance de matériel éducatif.

ENSUITE LA RECHERCHE DU RENSEIGNEMENT

Ligne d'assistance pour abris fiscaux abusifs

L'IRS maintient une hotline d'abris fiscaux abusifs que les gens peuvent utiliser pour fournir des informations (anonymement, si vous préférez) sur les transactions d'abris fiscaux abusifs.

 L'Office of Tax Shelter Analysis s'intéresse principalement aux transactions potentiellement abusives qui peuvent être employées par de nombreux contribuables et pourraient poser un risque de conformité important pour l'IRS.

Transactions abusives à déclarer

Règlement sur les abris fiscaux abusifs et les transactions

 

L'IRS ajoute dans ses commentaires que cette ligne ne doit etre utilisée que pour les « denonciations d’abus de droit « 

Les autres denonciations fiscales –anomyme ou non- sont les suivantes

« Veuillez vous reporter à « 

Déclaration des cas de fraude fiscale suspectée

 et de 

Dénonciation rémunérées des aviseurs fiscaux  

 

Le rapport du Whistleblower Office Report to Congress (PDF) 
pour l'exercice se terminant le 30 septembre 2019 a été publié le 6 janvier 2020

Quelles sont les règles pour obtenir un prix?

La loi prévoit deux types de récompenses. Si les taxes, pénalités, intérêts et autres montants en litige dépassent 2 millions de dollars et que quelques autres conditions sont remplies, l'IRS paiera de 15 à 30 pour cent du montant collecté. 

Si l'affaire concerne un particulier, son revenu annuel brut doit être supérieur à 200 000 $. 

L'IRS a également un programme d'attribution pour les autres dénonciateurs - généralement ceux qui ne respectent pas les seuils de 2 millions de dollars dans les litiges ou les cas impliquant des contribuables individuels avec un revenu brut inférieur à 200 000 $. Les primes accordées dans le cadre de ce programme sont moindres, avec une prime maximale de 15% jusqu'à 10 millions de dollars.

Si le dénonciateur n'est pas d'accord avec l'issue de la réclamation, il peut faire appel devant la Cour de l'impôt. Ces règles se trouvent à l'Internal Revenue CodeIRC Section 7623(b) - Whistleblower Rules .

 

 

08:22 Publié dans Abus de droit :JP, USA et IRS | Tags : usa l abus de droit vu par l'irs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | |

CJUE L'abus de droit en droit communautaire ?Fin de jeu pour les montages frauduleux ou abusifs?? (Grande chambre CJUE 26.02.19)

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 Les lettres fiscales d'EFI Pour lire les  tribunes antérieures  cliquer
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mise à jour

CJUE Fin de jeu pour les montages frauduleux ou abusifs?? 

Dans  un arrêt du 26 février 2019 la grande chambre de la CJUE vient d’autoriser les états membres a refuser l application de la  directive mère fille si le bénéficiaire effectif n’est pas connu ou en cas en présence d’une pratique frauduleuse ou abusive. la motivation de cette décision de principe  peut s’appliquer pour d'autres impôts  

Les commentaires de OLIVER R. HOOR (Luxembourg)

Les libertés fondamentales protègent-elles la fraude ou les abus ?

 La CJUE précise notamment  que lorsqu'une exonération de retenue à la source prévue par  les les directives mere fille ou redevance n'est pas applicable parce qu'il y a fraude ou abus, l'application des libertés consacrées par le traité sur l'UFE (liberté d'établissement, libre circulation des capitaux) ne saurait être invoquée pour remettre en cause la législation de l etat membre régissant l'imposition des paiements de dividendes ou d'intérêts.

 L’analyse  par °Sandrine Rudeaux TAJ

 "Réunie en grande chambre, sa formation la plus solennelle, la Cour de justice de l’Union européenne vient de rendre deux arrêts qui fournissent de nombreuses clés sur les conditions de mise en œuvre de la théorie de l’abus de droit, et la notion de bénéficiaire effectif.Ces arrêts interviennent au cours d’une période d’interrogation sur l’articulation des différents dispositifs anti-abus entre eux, où de tels dispositifs se multiplient au sein du droit de l’Union"

 

Carte des pratiques et montages abusifs

L’arrêt de grande chambre est il un arrêt de  moralisation fiscale  des libertés européennes notamment   d’une  liberté de circulation des capitaux sans filets .Nous le pensons. Par ailleurs cet arrêt peut certes créer une insécurité juridique et fiscale ; oui mais d’abord  pour nos Tournesol

LES NOUVEAUX PRINCIPES
LIBERTÉ DE CIRCULATION DES CAPITAUX OUI
DISSIMULATION  FISCALE NON 

C-116/16 Arrêt   26/02/2019 T Danmark 

Conclusions de l’avocat général Mme Juliane Kokott 

Lire aussi  Affaires jointes C-115/16, C-118/16, C-119/16 et C-299/16 

Les demandes de décision préjudicielle portent sur l’interprétation de la directive 90/435/CEE du Conseil, du 23 juillet 1990, concernant le régime fiscal commun applicable aux sociétés mères et filiales d’États membres différents (JO 1990, L 225, p. 6), telle que modifiée par la directive 2003/123/CE du Conseil, du 22 décembre 2003 (JO 2003, L 7, p. 41) (ci-après la « directive 90/435 »), ainsi que des articles 49, 54 et 63 TFUE

Ces demandes ont été présentées dans le cadre de litiges opposant le Skatteministeriet (ministère des Impôts, Danemark) à T Danmark et Y Denmark Aps au sujet de l’obligation faite à ces sociétés d’acquitter un impôt retenu à la source en raison du paiement, par celles-ci, de dividendes à des sociétés non-résidentes considérées, par l’autorité fiscale, comme n’étant pas les bénéficiaires effectifs de ces dividendes et ne pouvant pas, dès lors, bénéficier de l’exonération de la retenue à la source prévue par la directive 90/435. 

Note EFI la cour se réfère expressément aux règles OCDE (§3à7)

Lors d’une nouvelle révision des commentaires intervenue au cours de l’année 2014, des précisions ont été apportées concernant les notions de « bénéficiaire effectif » ainsi que de « société relais ». Le point 10.3 de cette version des commentaires indique ainsi qu’« il existe de nombreux moyens de traiter le problème des sociétés relais et, plus généralement, les risques de chalandage fiscal, notamment par des dispositions spécifiques anti-abus dans les conventions, les règles générales anti-abus, les règles faisant primer le fond sur la forme et les règles de “substance économique” »

Bénéficiaire effectif :
 il doit être prouvé par le contribuable (HOLCIM CAA Versailles 3/07/18 suite

Par ces motifs, la Cour (grande chambre) dit pour droit 

un formidable vademecum pratique pour nos vérificateurs

lire dessous 

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